Isabelle Vaquié
sera la candidate du PS pour les élections cantonales. Elle sera opposée à Rolland Castells, le maire de Bagnères et conseiller général sortant.
Isabelle Vaquié, 48
ans, est installée depuis 27 ans. Elle est podologue.
Secrétaire cantonale du PS
chargée de l’aménagement du territoire, des lois de décentralisation et de la démocratie participative.
La candidate sera accompagnée
de Claude Dorignac, maire de Bettes depuis 1977 et président du foyer rural des Baronnies pendant 14 ans. Cet éleveur de bovins est également président du Groupement de valorisation agricole
des Baronnies depuis 18 ans.
C’est votre seconde candidature aux élections
cantonales ?
Isabelle Vaquié : Oui, la première fois, pour le précédent mandat j’ai eu
la satisfaction de mettre en ballottage le conseiller sortant, ce qui était un véritable challenge. Depuis, je n’ai jamais cessé de regarder mon canton comme si j’étais conseiller général,
avec intérêt.
Le socialisme s’est beaucoup développé dans le
canton de Bagnères. J’ai beaucoup travaillé politiquement et j’ai suivi la formation des cadres du parti. Et puis j’ai la candidature commune radicale et socialiste
Pourquoi avoir choisi un
suppléant ?
Pour moi, Claude Dorignac c’était une évidence. Il
sera mon remplaçant actif. Si je suis élue, nous partagerons les dossiers. A nous deux, nous couvrons à la fois la ville et le monde rural. Dès que j’arrive dans certains endroits avec lui,
c’est plus facile.
Claude Dorignac : Vous savez, nous les paysans, ensemble on ne parle pas
de la même manière qu’avec les gens de la ville.
Pourquoi vous
présentez-vous ?
Les élections cantonales sont des élections
complètement politiques. Quand on est élu, on rejoint un groupe. Le Conseil général des Hautes Pyrénées est à gauche et rien ne pourra faire que la majorité change. Il est donc tout à fait
légitime sur un canton qui a le cœur à gauche d’élire un conseiller de Gauche.
Jusqu’à présent, nous sommes victimes d’une
véritable imposture de Rolland Castells qui se présente toujours de façon non politique à ces élections. Pourtant depuis trois mandats, il s’est toujours placé dans l’opposition, c'est-à-dire
à droite. Il n’a jamais voté aucun budget, il s’est toujours opposé. Il a mis notre canton dans une situation d’isolement politique terrible qui se traduit par un isolement territorial,
économique et touristique.
De plus Rolland Castells va recevoir l’appui de
l’UMP
.Les habitants de notre canton doivent donc savoir
que s’ils votent pour ce candidat ils votent directement pour Nicolas Sarkozy. La région est à gauche, le département est à gauche, cela adoucit les politiques qui sont menées
localement.
Actuellement, à Bagnères, on est spectateurs.
L’élection d’un conseiller de gauche nous permettra de redevenir acteurs.
« ROMPRE L’ISOLEMENT
DE BAGNERES »
Quels seront les thèmes
prioritaires de votre campagne ?
Si on rompt l’isolement du territoire, on verra
réapparaître des projets. Bagnères n’est pas prioritaire au niveau du département pour des aménagements supplémentaires. Si on ne se bat pas nous resterons isolés au fond de notre vallée. Il
faut envisager une autre forme de transport et être ambitieux. Prévoir une navette électrique entre Bagnères et Tarbes serait une solution. Il faut penser au vingt ans qui vont venir.
En ne votant jamais les budgets, Rolland Castells
n’a participé à aucune décision prise ces dernières années et on le voit. La ré industrialisation s’opère sur Lannemezan et Ossun. On voit bien que quand les élus sont battants et solidaires,
une force de proposition s’exerce. Ce qui n’est pas le cas ici.
Quand je vois le développement que les vallées
voisines ont su prendre, je suis triste pour Bagnères. Ici les magasins ferment et sont remplacés par des banques. Bagnères s’éteint.
Touristiquement, tout n’a pas été exploité. On a
misé sur le centre Laurent Fignon mais pas assez sur le Pic du Midi. Aquensis c’est
très bien, certes, mais c’est très cher. Je veux
développer des produits touristiques adaptés aux gens qui n’ont pas beaucoup de moyens, construire des infrastructures qui servent à toute la population. C’est ça, être socialiste.
Redonner son identité à notre canton, cela passe
aussi par plus de projets qui s’adressent à tout le monde. Le canton c’est tout un territoire.
D’autre part, je veux introduire de la démocratie
participative. L’élu doit mettre de la clarté sur son action politique et la partager avec les habitants de son canton. Il faut un véritable dialogue. Les habitants ne doivent pas subir de
décisions arbitraires.
D’autre part, je suis déjà très impliquée en matière
de solidarité et notamment auprès des personnes âgées, avec l’association Haut Adour Gérontologie. C’est un dossier qui me tient à cœur, tout comme l’éducation populaire. A Bagnères, on vend
beaucoup de services mais sur le canton on a peu de lieux de rencontres pour les jeunes.
Pensez-vous pouvoir
remporter cette élection cantonale ?
Je me présente pour gagner. Aux dernières
cantonales, je savais que ce serait irréalisable. Cette fois je sais que c’est gagnable. Et que ce sera gagné.
Je suis persuadé que Jean Glavany va remporter la
ville de Tarbes et je pense qu’il y aura des choses à faire ensemble. Je travaille aussi de très près avec notre député Pierre Forgues et je suis élue suppléante à la Région. Je sais que je
n’aurai pas de difficulté à travailler et à mettre tout le monde autour de la table.
Je tiens, par ailleurs, à préciser aux maires qui
seraient réticents parce qu’ils ont l’habitude de travailler avec R.Castells, que le budget qui leur est amené du Conseil général par R.Castells leur sera toujours amené. Et surtout il leur
sera amené par quelqu’un qui l’aura voté
Propos
recueillis par Gaëlle Bleslu
La semaine des Pyrénées jeudi 29 novembre 2007